Merciers Rennais
Parmi les multiples corporations de Rennes, la confrérie des marchands merciers est signalée dès 1340 et dotée de statuts dès 1437.
On remarque une grande diversité de situations parmi les confrères : simples colporteurs, marchands pratiquant le commerce de détail, mais aussi gros négociants internationaux, en relation avec la Flandre et l’Italie.
Marchand Mercier de Rennes - Quic en Groigne
On disait au Moyen Age : « Merciers, marchands de tout, faiseurs de rien ».
Chaque artisan à l’origine vendait seulement ses produits : mais tous les métiers n’existaient pas en si grand nombre et avec la même importance dans chaque ville. Il était donc indispensable qu’il y eût des gens pour se charger de rassembler les marchandises les plus diverses et les mettre à la disposition des acheteurs. Mais les différents industriels veillaient jalousement à leurs privilèges, et de tout temps ils surveillèrent attentivement les marchands pour les empêcher de rien fabriquer.
Ces marchands, qui servirent ainsi au a l’époque médiévale d’intermédiaires entre le public et les fabricants, on les appela merciers.
Ce mot, qui n’éveille pour nous que l’idée d’un petit commerce borné à quelques articles de lingerie, accessoires de toilette, et instruments nécessaires à la couture.
Mais le mot mercerie avait bien plus d’étendue ; il vient du mot latin merx, qui signifie tout ce qui se vend. Un mercier, c’était à l’origine un négociant en gros.
Il existait deux sortes de merciers.
Ceux qui allaient au loin chercher les marchandises précieuses : ils se rendaient dans ces curieuses foires, où les marchands de tous pays se retrouvaient pendant quelques semaines et d’où ils revenaient dans leur patrie avec des mulets chargés de ballots.
Et il y avait les merciers sédentaires, qui recevaient des premiers les marchandises coûteuses ou qui commandaient aux fabricants de la ville où ils se trouvaient les objets dont ils avaient besoin.
Les femmes peuvent travailler, il y a donc des maîtres et des maîtresses, des apprentis et des apprenties.
La corporation des merciers est l’une des plus anciennes ; en 1137, nous les rencontrons dans un acte où on leur concède un droit de place dans les halles de Champeaux. Comme tous les métiers tenant de près ou de loin à la mode, aux habits ou aux armures, les merciers eurent dès cette époque une importance exceptionnelle : les chapeliers de plumes de paon, si considérables et si en faveur, ne comptaient guère au prix d’eux ; cette prépondérance venait sans doute du fait que les merciers employaient un peu de toutes les matières précieuses, l’or, l’argent dans les orfrois et les bordures, les perles et les joyaux dans les broderies.
Les merciers parisiens étaient groupés sur la rive droite ; au XIIe siècle, les plus estimés se trouvaient, rue Quincampoix, puis se rapprochèrent des Halles où, depuis le règne de Louis VII, ils possédaient une place fixe. Plus tard, quelques-uns passèrent la seine ; beaucoup d’entre eux s’installèrent au Palais de justice, dans la galerie qui faisait face à la cour d’entrée.
Les produits d’Orient, en général, étaient peu estimés ; on prohibait l’or de Lucques et de Chypre qui était un composé de soie et d’or ; on empêchait le mélange du vieux et du neuf, celui du fer avec l’or, et les quatre prud’hommes du métier avaient ordre de dépecer sans pitié tout ouvrage fabriqué contrairement à ces prescriptions. Une des préoccupations était d’empêcher l’emploi des fausses perles, dont l’utilisation exposait à la destruction de l’ouvrage.
Le Dit du mercier, petit poème composé spécialement sur ce métier, énumère longuement les objets mis en vente par les maîtres, et qui tous étaient des merveilles de richesse et de splendeur. Certaines statues de nos cathédrales attestent la réalité de ces descriptions ; celles du portail occidental de Chartres, par exemple, donnent une idée de la perfection des travaux de mercerie. Tantôt ces orfrois étaient quadrillés, diaprés, échiquetés comme un damier, tantôt ils étaient semés de cabochons, de perles, de saphirs fixés au galon
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